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Un réseau agissant au service des victimes de violences conjugales et des entreprises

Actualité, Forum des femmes

22 octobre 2026

Que pourraient avoir en commun des employeurs comme Solvay, Orange ou la commune de Saint-Gilles ?

Comme 47 autres employeurs, ils forment ensemble un réseau agissant.

Le réseau CEASE.

Ces employeurs, ces organisations ont pris la décision de se mobiliser contre les violences conjugales.

Qu’est-ce que cela recouvre ? Pourquoi un réseau ? Comment et avec quels outils ?

Les violences basées sur le genre peuvent prendre de nombreuses formes : domestiques, conjugales, interpersonnelles, physiques, psychologiques, économiques, sexuelles,[1] …

Plus particulièrement, la Conférence interministérielle belge a défini les violences conjugales comme « un ensemble de comportements, d’actes, d’attitudes, de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et dominer l’autres ».

Les violences conjugales sont basées sur le genre et peuvent toucher les hommes et les femmes. Force est de constater que les femmes sont encore massivement victimes de cette violence.

La Belgique est mobilisée à différents niveaux de pouvoir (fédéral, fédéré, local) dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

De la Convention d’Istanbul[2] au soutien local ou même civil, des actions de prévention ou de protection existent.

En quoi un réseau tel que le réseau Cease est-il utile aux organisations et aux employeurs, en plus des outils préexistants ?

Longtemps considérées comme relevant de la sphère privée, les violences conjugales ne semblaient pas concerner les employeurs.

Pourtant, selon, l’Institut européen pour l’égalité des femmes et des hommes, les coûts économiques de ces violences se chiffrent en milliard d’euros[3].

Dans une étude menée en 2019 dans 6 grandes entreprises [4], 55% des personnes ayant subi des violences conjugales parlent des conséquences sur leur travail : absentéisme, présentéisme, retard.

Les personnes voient leur productivité réduite et sont parfois contraintes d’abandonner l’exercice de leur métier.

Quand ce n’est pas au sein même de l’entreprise ou à proximité que les violences ont lieu !

D’autres études ont mis en lumière une réalité bien concrète : la violence ne s’arrête pas à la porte de la maison et continue à impacter la personne elle-même, mais aussi son entourage. Les collègues, la hiérarchie ont reçu les confidences des victimes dans 55% des cas et se sentent eux-mêmes impactés dans leur travail.

Les conséquences pour l’entreprises existent bel et bien et ont un coût. Direct (en termes de productivité) et indirect (pensons à la réputation de l’entreprise).

L’entreprise a donc intérêt à agir.

Grâce au réseau CEASE « Les employeur·euse·s ne se substituent pas aux services spécialisés. En revanche, ils peuvent jouer un rôle essentiel : repérer, accueillir la parole, orienter vers les bons dispositifs et mettre en place des mesures simples et protectrices » - https://cease-violence.eu/le-reseau/

En s’appuyant sur le réseau, l’employeur a accès à des sensibilisations et des formations pour le personnel.

Faire de l’entreprise un lieu où il soit possible de s’exprimer et de chercher de l’aide se construit avant que ne surviennent les conséquences de la violence.

En juin dernier, le Forum des Femmes était là pour la présentation d’un nouvel outil : le guide d’action CEASE.

Cet outil a été conçu par le terrain, en se basant sur les questions très concrètes que peuvent se poser les entreprises.

Que faire s’il y a une présomption de dévoilement dans mon entreprise ?

Que faire au moment du dévoilement ?

Que faire si un collègue signale ?

Que faire s’il y a urgence ?

Sept grands piliers décisionnels adaptés à la réalité concrète de l’entreprise (son identité, ses personnes/référents ressources, ses lieux, son service de prévention) permettront une réaction adéquate et sur mesure.

Mais la force d’un réseau ne se réduit pas à des supports, il s’enrichit des échanges.

Les membres partagent les idées concrètes et les bonnes pratiques. Par exemple : écouter un podcast sur les violences conjugales, en équipe ; laisser « traîner » des cartes de visites avec les n° d’urgence, mettre un local fermé à disposition, …

Parce qu’il ne faut pas attendre que la violence conjugale s’invite sur le lieu du travail pour y réfléchir.

Parce que l'effet d'entraînement en prévention contre la violence conjugale facilite les changements d’attitude et protège les victimes, leur entourage et les organisations.

 

Christine Beausaert

 

[1] Voyez : « Implications des entreprises dans les violences faites aux femmes. Un focus sur les violences conjugales » P. Hely et S. Léon, Pour le Solidarité, déc. 2024

[2] Voyez : Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique – Manuel à destination des professionnels.le.s » G. de Pascale et D. Bernard

[3] https://eige.europa.eu/sites/default/files/documents/20213229_mh0921238enn_pdf.pdf

[4] One in Three Women

 

 

 

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