Dans le cadre de la journée internationale des droits des Femmes 2026, Forum des Femmes, met en lumière une action de la Ville de Bruxelles tendant à visibiliser des travailleuses de terrain.
Nous rencontrerons donc deux travailleuses : Madame Magali Demorsy, jardinière au Parc royal ; Madame Laura Decarpentrie, contrôleuse et Madame Faouzia Hariche, échevine des Ressources humaines de la Ville de Bruxelles.
Intéressons-nous d’abord à Madame Magali Demorsy.
Par Christine Beausaert
Par cette radieuse après-midi de printemps, nous voyons arriver à notre rencontre une jeune femme en uniforme jaune et grosses chaussures. D’emblée nous la sentons sûre d’elle-même et des messages qu’elle veut porter.
Nous faisons quelques pas entre les promeneurs et les travailleurs en pause puis, nous nous arrêtons devant un magnifique pare-terre de jonquilles.
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots quel est votre métier ?
Nous nous occupons des parcs et jardins de toute la ville de Bruxelles et je fais tout ce qu’il faut faire pour le jardinage, c’est mon métier.
Vous participez à une action de sensibilisation afin de visibiliser la place des femmes dans des métiers traditionnellement masculins. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?
Parce que pour moi, je ne pense pas que je fais un métier d’hommes ; je le fais parce que j’aime mon métier et ça ne m’a pas dérangée de travailler avec des hommes.
Qu’aimeriez-vous dire à des personnes qui pensent que votre métier n’est pas celui d’une femme ?
Vous savez, j’étais la première femme au Parc de Bruxelles. Quand je suis arrivée, j’ai dû faire ma place et montrer ce que je valais. Mais ici, on n’a pas de privilège : je plante, je prends les machines, comme un homme. Il n’y a pas de différence. Ici, hommes et femmes, on fait le même métier.
Avez-vous des défis quotidiens, en tant que femme ?
En fait, oui car en tant que femme, j’ai aussi la vie de famille. Les horaires sont difficiles : on commence à 7h30 et je viens de loin. Mon compagnon et moi, on travaille tous les deux à temps plein, on a un jeune enfant ; il faut donc s’organiser.
Souvent, les femmes prennent plus la vie de famille en mains. Depuis très longtemps, cela se passe comme ça : les femmes au ménage et les hommes au travail. Mais heureusement, ça change. Et on le voit bien que ça change, sinon les femmes ne seraient pas au travail.
Et puis, il y a le physique. Bêcher, porter des charges lourdes, ce n’est pas évident, mais quand on sait le faire et qu’on aime son métier !
Et si une femme vous disait que vous ne faites pas un métier fait pour les femmes ?
Je lui dirais que c’est l’envie qui compte.
Qu’on ne doit pas avoir peur, qu’il faut essayer.
Vous savez, au début, ça n’était pas si facile. Par exemple, quand je suis arrivée, il n’y avait pas de vestiaires pour les femmes. Mais aujourd’hui, il y en a. Pas partout, c’est vrai, mais ça avance. Je vois que ça évolue. Il y a des plus en plus de femmes et à tous les niveaux. Je le vois, au cabinet par exemple ; et même mon échevine. Je vois des améliorations et une écoute. Même si on peut parfois avoir le sentiment que ça n’avance pas toujours aussi vite que l’on voudrait.
Alors, je dirais aussi que même si ce n’est pas facile tous les jours, on a beaucoup de travail et les mêmes douleurs que les hommes. Mais on fait un métier magnifique. On est tous les jours dehors, on embellit, on plante, on voit pousser. Ici, au Parc royal, on a un parc splendide, des beaux monuments.
Parfois quand on plante, les gens s’arrêtent et disent merci. C’est merveilleux.
Et puis, on a la reconnaissance de nos chefs qui nous remercient, nous disent qu’on fait bien notre travail. Ils ne font pas de différence entre hommes et femmes. C’est une équipe : on avance ensemble.
Et pour vos chefs justement, est-ce que cela a été facile ?
J’ai vraiment voulu rester ici, au Parc, avec cette équipe. Mais c’est vrai que ça a été un apprentissage pour moi et pour eux aussi.
Ils n’avaient pas l’habitude. Alors, j’ai prouvé ce que je valais. Ça les a étonnés de voir qu’une femme pouvait faire autant qu’un homme et je sais que ça a changé leur façon de voir, ça a ouvert leurs champs.
Quelle est selon vous l’utilité de l’action de Forum des Femmes ?
Je pense que c’est très important d’être visible.
Parce qu’il y a encore beaucoup de personnes qui ne comprennent pas et que ça les aide.
Il y a des hommes aussi qui travaillent dans des « métiers de femmes » comme les sages-femmes.
Dans un sens ou dans un autre, ça n’a pas d’importance.
Il faut être visible et dire aux femmes que même si c’est « un truc d’homme » ou si des millions d’hommes le font : on peut y aller !
Un mot de la fin ?
Vous savez, depuis ma deuxième humanité, j’ai fait mes choix. Je me suis battue. J’ai vraiment voulu rentrer à la Ville, j’ai passé les mêmes examens, j’étais la seule femme quand j’ai commencé ici. Et je suis là : ma reconnaissance elle est là !
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- Laura Decarpentrie, contrôleuse
- Faouzia Hariche, échevine des Ressources humaines de la Ville de Bruxelles.


