Actualité

Anouk Paulus : Portrait d’une Lauréate passionnée !

Forum des femmes, Interview

16 février 2026

Il faisait encore beau, en cette avant soirée du 10 septembre.

Ce jour-là, le Bourgmestre d’Anderlecht, Fabrice Cumps, avait invité quelques-uns de ses concitoyens à l’occasion de la remise de leur brevet de Lauréat du Travail : suite logique de l’octroi du titre par Sa Majesté le Roi. Et c’est dans le décor néo-renaissance de l’hôtel de ville, dans l’odeur du bois ciré et des meubles anciens que les Lauréats ont reçu les félicitations de leur Commune pour leur engagement professionnel de qualité.

Parmi eux, une jeune femme, Anouck Paulus qui a reçu l’insigne d’or.

Au détour d’une conversation, on comprend rapidement pourquoi.

Que dire de votre parcours professionnel, Madame Paulus ?

A.P. « D’abord que rien ne me prédestinait à faire mon chemin dans la Fonction publique. Entrée à la Ville de Bruxelles, en 2013, comme responsable logistique, j’y ai fait de belles rencontres et saisi de nombreuses opportunités. Je suis curieuse, j’ai toujours envie d’apprendre et de découvrir et on m’en a donné l’occasion. J’aime les projets et j’ai pu participer à un certain nombre d’entre eux. Et puis, sans pression, j’ai évolué et j’ai grandi ».

Vous êtes actuellement Directrice adjointe des achats : un beau poste. Quel regard portez-vous sur votre avancement ?

A.P. « Il y a toujours des personnes qui regardent celles et ceux qui saisissent les opportunités avec suspicion ou négativité. Pour moi, saisir les opportunités, je le vois comme « une étape de plus » dans une carrière. Une continuité naturelle de ce que j’aime profondément : l’l’humain, la curiosité, la recherche de sens.

Et le sens, justement, je le perçois dans le fait d’appartenir à quelque chose de plus grand. Je me vois comme une pierre parmi d’autres, au sein d’un édifice collectif. Petite, peut-être, mais en mouvement. Une pierre qui roule, qui fait évoluer, qui soutient les autres à grandir à leurs tours.

En tant que femme, avez-vous vécu cette progression avec neutralité ?

A.P. « Ma réponse serait non … et oui.

Non, parce que dès ma procédure de recrutement en 2013, certains ont remis en question ma capacité à diriger une équipe d’hommes.
Oui, parce qu’au final, on m’a fait confiance — et aujourd’hui, je dirige une équipe encore plus grande.

Les mentalités évoluent, bien sûr, mais il reste parfois des réflexes : être perçue comme “mignonne” plutôt que compétente, ou devoir prouver un peu plus pour être reconnue comme experte.

Mais je n’ai jamais caché mes fers de lance : l’égalité et l’équité.
Ce sont mes repères, autant dans ma vie professionnelle que personnelle ».

Alors pourquoi avoir participé à la procédure de Lauréat du Travail ?

A.P. « C’est peut-être étonnant, mais j’estime être arrivée à un moment de ma vie où je me sens suffisamment ancrée en tant que personne et en tant que travailleur pour ne plus avoir besoin de la reconnaissance de l’autre. Je suis fière de moi et je me récompense. Je suis fière de mon travail et c’est une très bonne chose. On devrait tous être fier de son travail !

Mais c’est aussi une démarche qui demande du courage : il faut se sentir légitime pour la tenter, et ce n’est pas toujours évident, même pour les plus compétents. C’est pourquoi j’ai envie d’encourager d’autres à oser.

Qui plus est, le questionnaire m’a invitée à revisiter mon parcours, à mettre des mots sur mes apprentissages, mes valeurs, mes choix.
J’y ai pris le temps, j’ai réfléchi … et j’ai réalisé à quel point ce genre d’exercice devrait être fait par chacun — pas pour être récompensé, mais pour se rendre hommage à soi-même.

Et ce titre, il va vous servir à quoi ?

A.P. « C’est un cadeau, une fierté, vous avez votre nom dans le Moniteur, c’est solennel.

Mais c’est surtout la « trace de ». J’aime cette trace qui me gratifie et qui s’inscrit dans mon histoire et dans l’histoire collective. Elle dit que j’ai participé à un projet collectif.

Et pour vos collègues ?

A.P. « Je vais les encourager à participer, vraiment. Car cela permet de revenir sur son parcours, bien sûr, mais ça aide à se reconnecter à soi, à ses valeurs, à son fil conducteur.

Certains se perdent ou plutôt perdent le sens. Cette procédure, c’est se redonner un cap, une direction. C’est s’ancrer en soi pour une continuité ».

Christine Beausaert

Partager 

L’IRET devient

Depuis 1954, le monde du travail a changé.

Pour répondre aux nouvelles attentes de celles et ceux qui y donnent le meilleur, l’Institut se modernise en gardant intactes sa mission et ses valeurs.

Bienvenue au « Royal Work Honors Insitute. »

Recevez notre newsletter